Journal Traverse - 38

, par Stewen Corvez

Mardi 17 juillet 2018

Mercredi

  • Recherche de l’artiste définitivement coupé de ses préambules.
  • Parler nécessite une reconduction de la réalité.
  • Le café est à la base d’une pyramide qui a fait le tour du monde.
  • La langue tourne comme une boule lucide dans un écrin de bave.
  • Je ne sais pas quoi achever, mais j’y crois.
  • Ce que l’on appelle offrande n’a de sens que pour les combattants mous.
  • Le choix n’entrave pas le hasard dans la mesure où les nuits sont elles-mêmes parfois trop courtes.
  • Aujourd’hui est le choix d’une conquête dont le sol est filaire.

Jeudi

  • Sur le coursives, on apprend à être lundi.
  • Les départs sont reportés au jour d’arrivée pour éviter les conflits.
  • Le drame jaunit dans son pot en terre.
  • On croise de plus en plus de morts dans les salles neuves.
  • Si les pirates avaient mitraillé le sol, ils n’auraient jamais décollé.
  • En remplissant le journal traverse, je dis la mer profonde.
  • Les battements de l’horloge encadrent la flèche nébuleuse que j’ai attrapée avec les dents.
  • Où survivre n’est même plus une injonction, mais une fatalité.

Vendredi

  • Les cages flambantes me secouent.
  • Pas d’appel et pas de juge. Les plis dans les cheveux sont neutres.
  • Il aurait fallu choisir entre ça et ça, ça et soi-même.
  • Les points de repère sont lourds et se désintéressent de ce qu’il me reste à identifier.
  • Où comment les mots bons polissent l’envers. Point cinq.
  • Point six, radical, plus perdu en étant seul sous les terreurs.
  • La censure du journal traverse abrutit les obsessions.
  • Le vendredi prend à peine plus d’une demie page.

Samedi

  • Le journal traverse en pleine mutation (encore ?). On se lasse.
  • Envisager le journal mutant. Au risque d’en faire n’importe quoi.
  • Le livre à venir prend forme (ou croit prendre). D’où l’intérêt d’affronter les secousses et déception d’évidement.
  • La lenteur du mal ne laisse pas présager un abattement du phénomène.
  • L’horloge bat sensiblement des pieds.
  • Le tout est de greffer sur le concept un bout de notre corps.
  • Où l’on mêle la technique et l’indolence.
  • L’écoulement se martèle à coups de mastications et de retournements.

Dimanche

  • La page est instable, car il y a trop de blanc.
  • Aucune nouvelle, pourtant je râle.
  • Des nouvelles, même si je râle.
  • Le constat indélébile que les réseaux ne démembreront pas systématiquement.
  • Au clair, mais pas d’écran. C’est le jour sept.
  • S’apprêter à coucher sur l’infini une odeur dépliée.
  • Aucune citation du journal traverse ne s’oublie ni se décolle en langue.
  • Le dimanche est un vendredi noir.

Lundi

  • Une étude de marché, pour saisir les chances d’ouvrir les noyaux à leur racine.
  • Si avoir le cœur plat ne compte pas, il faut boire du vin.
  • Porter une chemise étalonne le degré d’ébriété.
  • On ne peut pas comparer la foudre et le petit lait, car l’échafaud s’amuse.
  • Autre façon de décevoir : attraper un clou mou avec les dents.
  • Trois fois Dieu est un dentiste parce qu’il démord.
  • Faire un chèque nommé de désinhibition.
  • Le bonheur des rois ne se faut pas sans une méthode décousue.

Mardi

  • La grandeur des fresque est à la hauteur de l’apparu.
  • Les divas dansent sur les tables pour obtenir quelques pièces.
  • Les monstres s’effondrent, leurs parts de marché sont violentes.
  • J’ai longtemps cru que Dieu avait les yeux sauvages et que pour cette raison, il ne se noyait jamais.
  • Si la chronite se clouait aux portes, il n’y aurait plus de sable sur les plages volées.
  • Les odeurs de soie dans la marmite rougissent sous l’effort.
  • Le panurgisme se miroite dans les tapis et les sols gras.