Le cherche-corps | B-Roll

, par Stewen Corvez

Vendredi 17 août 2018

À partir d’un atelier de François Bon

B-Roll

La pourriture commence dès l’auberge où Humprey a appris à se découdre. Tout à gauche de la porte, un cadre en bois rappelle au sans-emploi qu’à peine deux cent mètres plus loin on trouve le bureau d’engagement où viennent se dissoudre des paquets de poivrots. Ils se comptent par centaines, comme les fourmis qui grouillent sous le cadre, au pied du mur. Le petit trou de la fourmilière donne sur un anneau en métal rouillé. Un anneau énorme qui doit mesurer à peu près une circonférence équivalente à celle d’un cou d’homme adulte. Bien sûr, impossible d’y passer la tête. Mais peut-être est-ce le souvenir d’une visite à un peuple de réducteurs de chefs vivant sur l’une des îles de l’archipel. Les fourmis se baladent parfois dessus mais elles s’en lassent très vite. Pas assez distrayant. Pas assez sucré. Quelques unes tentent l’aventure jusqu’au cadre en bois. L’exploration est assez peu intéressante en soi, mais pour les plus malines (toutes ou aucune, donc), donne accès à un monde-miel. Suffit de pousser un peu plus loin et on découvre une gouttière qui permet d’accéder directement au toit où sont perchées les cinq ruches et demi (pas un quart de plus ou de moins) de l’aubergiste. Peut-être y songeront-elles systématique dans cinq ou six générations ? En attendant, personne ne dérange les abeilles et la rencontre avec les habitantes du monde d’en bas ne donne généralement lieu qu’à de vagues escarmouches peu convaincues.

https://youtu.be/ELRgaARh9qE