Journal Traverse - 33

, par Stewen Corvez

Mardi 12 juin 2018

Mercredi

  • Je sors la tête de l’eau, certes, mais l’air est vicié.
  • On m’accuse d’être invisible, certes, mais Humphrey l’était bien avant moi.
  • J’hésite encore à réinvestir la grotte humide où j’ai laissé mes histoires.
  • En forçant le trait, je parviendrai bien à les congeler.
  • Comment construire un nid avec des tunnels de buée ?
  • On m’a raconté qu’il fallait commencer par mettre des gants en argent et enfiler une chemise blanche.
  • Et on précisera probablement qu’il faudra manier la glace avec la grâce d’un bûcheron.
  • Aujourd’hui, pas de huit.

Jeudi

  • Une muraille et une bataille contre le fantastique
  • À qui ?
  • Je n’étais jamais descendu aussi court.
  • Pourquoi huit, alors que je préfère et de loin, le sept ? Le neuf pourrait aussi me plaire, mais il est trop trois, trop complet, trop parfait.
  • Là, le ventre est vide et dedans s’entassent des bouts de verre.
  • On chemine en fumée.
  • Mes ancêtres ont déterré une grenouille utile, incroyante.
  • Vendredi, on perdra quelques lumières à s’offrir du vent.

Vendredi

  • Il n’y a aucun appel qui ne souffre plus que la bête.
  • On regrette déjà les bougies allumées, les vieux draps.
  • Même si les voisins sonnent par-dessus l’épaule de l’ours, on lui dira.
  • La question est qu’il n’y a probablement rien à en dire.
  • On enchante une bouée pour traverser le désert, mais il n’est qu’un prétexte.
  • Dans moins d’une année, l’orage aura fini de troubler la détente morale.
  • L’œuf glisse doucement le long de la nappe pour s’écraser sur mes lacets défaits.
  • L’idée est froide, mais n’empêche pas de s’agenouiller grassement.

Samedi

  • Il n’y a pas une seule étreinte qui ne parvienne à bout de l’orque.
  • Où il est question d’années-lumière et de désespoir.
  • Chaque jeudi apporte son lot d’incohérence.
  • Sur une poignée de trolls, il n’y aura jamais que de la poussière navrée.
  • On parle fort trop facilement dans les boîtes blanches.
  • J’ai caché un irrésistible piédestal dans le grenier.
  • Quelque part sur le toit, des nids poussent en attendant leur heure.
  • Il faudrait démonter les charpentes pour en extraire le meilleur jus.

Dimanche

  • Si l’alarme se décroche, est-ce que j’aurai quand même le droit à ma ration ?
  • J’ai invité un socle à maudire ses étirements.
  • On voit à cela qu’il n’y a aucun orque contrariant.
  • J’imagine que les plus sots savent arbitrer des démarches savoureuses.
  • Les pieds me démangent. Et si je demandais son avis à l’ours ?
  • J’hésite encore à plonger. Est-ce que dieu me suivra ?
  • Pourquoi continuer à poser des questions ?
  • La remarque de l’artiste est la suivante : plus on laisse de traces, moins la Terre est limpide.

Lundi

  • Au retour, l’avion comptait toujours du pied la falaise, avec son pot de miel.
  • Traverser l’écriture à dos de réglisse : un moyen d’autodistraction.
  • Il se passe un phénomène étrange, plus de soupières.
  • Le dîner aura été un régal, même s’il glisse en hécatombe.
  • Deux ou trois des meilleures sont versées en août.
  • Deux moustaches nécessaires ont été brandies par la traversée du métro.
  • On souhaite la fin du jour, alors même que la nuit est encore maigre.
  • La ville noire appelle une autre flamme.

Mardi

  • Une journée supplémentaire à vider les catégories du sang.
  • À force de grandir dans le sable, on oublie les interactions avec le ventre.
  • Demain sera un autre lundi marchand.
  • Les petits bouts de perroquet sont un peu perdus.
  • Pendant que je comptais jusqu’à quarante, je me suis aperçu que les montres sautaient en s’éteignant.
  • Trois chiens me regardent alors que j’ai encore mon manteau sur le dos. La question est de savoir s’il va pleuvoir.
  • Partout est vert, on ne coupera pas le mot.
  • Pas d’énergie pour une boussole, il faudra faire avec.