About Vlogging

, par Stewen Corvez

Lundi 20 novembre 2017

Mise à jour de l’article à chaque nouveau Vlog.

Ici, sont regroupés les liens vers les vlogs de la chaîne Youtube, ce qui permet de les retrouver facilement à partir du site internet. À terme, je tâcherai de trouver une solution afin d’héberger moi-même les vidéos ou de compléter avec Vimeo (quitte à faire un peu doublon)

Le Vlog est probablement l’activité de la chaîne la plus déstabilisante pour moi. Au contraire des fragments intérieurs et des Fils de voix et de singe, les vidéos s’appuient presque exclusivement sur de l’improvisation. Ce que je vise, une fixation de la pensée sur un sujet précis, à un moment donné d’une réflexion qui dépasse la durée de la vidéo, mais dans ce qu’elle a de bancal et d’incertain, voire même d’aléatoire. Le tout, en une seule prise. À l’heure où j’écris ces lignes, je n’y suis pas encore.

Le plus difficile, je crois, est de parvenir à assumer cette parole à la fois furtive et dipersée et en même temps fixée dans les serveurs de Youtube. La pensée n’est parfois pas exprimée comme on le souhaiterait, les idées peinent à être formulées. On est mal compris, déformés, pris au vif, voire même aux tripes. Je ne parle pas de critiques, pour l’instant je ne prends pas beaucoup de risques, il sont bien reçus. Je ne suis pas un agitateur ! Exercice déstabilisant quand même, car il met en jeu toute la personne, son corps et la parole spontanée, celle qu’il nous arrive de regretter, de maudire. Mais il offre aussi le terrain d’un inestimable apprentissage de soi, dans son rapport au monde.

C’est le VLOG #04 qui m’a décidé à ouvrir le bal. Pourquoi ? Parce que je me suis aperçu après quelques discussions sur les réseaux sociaux, que je n’avais réussi à faire passer ce qui, pour moi, constituait l’essentiel de mon propos. De façon subjective, j’entends. Les problématiques que ça met en jeu apparaissent. Elles sont visibles et explicites. Mais mon propre regard, lui, est plus diffus. Même noyé, pourrait-on dire. Parce qu’il n’y pas assez de mise en danger, d’engagement du corps et de la pensée et du sujet. De fait, ne m’engageant pas assez en tant que sujet, je perds le contact, le saisissement de la parole. D’une certaine manière, c’est ce dont parle Christine Luce, ici. Elle parle plutôt de l’écriture de fiction, mais je pense que ça reste vrai, et dans une certaine mesure, pour cette pratique assez particulière qu’est le Vlogging. Il ne faut pas craindre de prendre à cœur, de faire corps avec notre sujet. Dans l’écriture de fiction, comme dans le vlogging tel que je le perçois, le sujet dont on parle se confond avec le sujet qui parle parce qu’il y a parole. Et c’est le corps qui parle, le seul à même de transmettre non pas objectivement, mais universellement.

Bref, l’enjeu du Vlog, c’est une pensée qui cherche sa parole, ses mots, son corps. Et sa vérité. C’est à quoi je travaillerai dans les Vlogs à venir. Il faudra le temps.

« Tamm-ha-tamm e vez graet e vragoù da Yann. »

https://youtu.be/jN1UCTcU4S4
https://youtu.be/SLHvn_a9-C4
https://youtu.be/JCqfbvqqDj0
https://youtu.be/oKJzpheJUeM
https://youtu.be/jeFlJWqjW-g
https://youtu.be/GA2EHnsXZxM