Des goûts et des couleuvres | 03

, par Stewen Corvez

Lundi 25 septembre 2017

Les Saisons de l’Indépendance, Martin Lessard

https://youtu.be/1fBZf0aj9wg

Alors que Jean-Ronald de la Broutinière a décidé d’enfreindre la loi des derniers mangeurs des tortues 42 de la Fédération en vue d’entrer dans le club très fermé des hommes-miroirs, les vitriers s’ennuient ferme. Toutefois, quand la grande prêtresse des tortues 42 prend conscience qu’elle risque bien de finir dans l’estomac d’un bourgeois jupitérien, elle donne l’assaut. Le choc est brutal pour Ana Marx et les siens qui revendiquent aussitôt la propriété de tous les moyens de production. Dix-sept ans. C’est l’âge de la jeune marxiste lorsque les soldats des avant-postes surgissent dans l’arrière-salle enfumée du café des Trois Canards, haut lieu de séchage des cabillauds à poudrière. Et c’est par le massacre d’un groupe de camarades mal coiffé de l’usine d’épluchage de Ganymède, que la lutte pour la liberté des Rouges s’engage.

Démarre alors une lutte féroce entre les troupes de Jean-Ronald de la Broutinière, les tortues 42 et les vaillants prolétaires. Les membres découpés volent aux quatre coins du champ de bataille, les ventres se creusent et les joueurs de belote échangent leurs truc et astuces dans la convivialité. Ana est accablée par cette violence et décide de se retirer pendant trente ans dans un monastère au-delà du système solaire. Pendant ce temps, Jupiter est totalement ravagée et les habitants réalisent qu’ils piétinent sur des illusions depuis des dizaines de générations. Ana hésite a rentrer, surtout que ses parents et son chien Youpi sont sans doute morts. Surtout son chien Youpi d’ailleurs, il était un peu pâlot quand elle est partie.

Au cours des longues années qui suivront l’hécatombe, les Ganymèdiens mourront les uns après les autres dans d’atroces souffrances avec du sang qui gicle partout, mais sauf sur les pantalons parce que ça tâche. Ou alors ils mettrons un tablier spécial en fer forgé qui descend jusqu’aux pieds. Ça tâche quand même un peu mais au bout d’un moment on ne voit plus grand chose avec la rouille. Mais les Ganymèdiens sont super débrouillards et ce ne sont pas quelques litres de sang qui pourront les arrêter.

Quand le vaisseau d’Ana se pose sur la planète qu’elle a lâchement abandonnée trente ans auparavant, il ne reste plus qu’un petit de tas de cendres, au fond d’un cratère. Au-dessus, une plaque commémorative signée par Jean-Ronald de la Broutinière : "Ici gîsent les derniers résistants au capitalisme Fédéral. Ce ne sont pas des petites crevures communistes qui vont me faire peur à moi, le futur maître de l’univers". Commence alors pour Ana une longue errance dans le désert à boire des bolées d’azote liquide et à manger du caca de serpent. Quand le récit tragique d’une famille, celui d’une petite colonie et les quêtes d’émancipation d’une adolescente s’entrelacent, vient alors le temps des Révolutions Prolétariennes. [1]

Les résultats du tiragosaure

https://youtu.be/XaB5fPaJngo

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Page du livre sur le site de l’éditeur

P.-S.

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De fil Mince et de Singe de Stewen Corvez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

Notes

[1La quatrième de couverture originale, sans les bifurcations de fil mince et de singe :

« Alors que la Ligue des marchands a décidé d’assumer ses aspirations de souveraineté, un conflit avec la Fédération semble inévitable. Toutefois, quand un bataillon d’hommes-miroirs donne l’assaut sur l’Archipel, le choc est brutal pour Ana Concepción DaSalva et les siens. Dix-sept ans. C’est l’âge de la jeune femme lorsque les soldats fédéraux des avant-postes surgissent sur son île. Et c’est par le massacre d’un groupe de miliciens mal armé du village de Fort Isabella que la lutte pour la liberté de la Route s’engage. Au cours des longues heures qui suivront l’hécatombe, les insulaires devront affronter leur nouvelle réalité : la guerre…
Quand le récit tragique d’une famille, celui d’une petite colonie et les quêtes d’émancipation d’une adolescente s’entrelacent, vient alors le temps des Saisons de l’indépendance. »