La définition du corps

, par Stewen Corvez

Vendredi 5 mai 2017

Et puis il y a ce jour un peu noir, un peu triste.
Où tu es un peu perdu dans ton monde sous la terre.
Où les nœuds dans ton ventre ont décidé de mitrailler ta caboche de leurs balles pleines de larmes. Ce soir un peu flou où tu as posé les deux mains gaiement sur le fil électrique.
Ce soir un peu froid où les battements sous tes côtes se sont reconnus comme des gémissements et un puits muet où tu as jeté tes sacs de nerfs, lourds comme de l’acier, mais friables comme des pierres.
Cette nuit amorale où tu as conçu le fruit bleu de tes souffles.
Où les grattements aveugles de ta respiration ont saisi dans leur tintinnabuli gravé, l’inertie des plis de tes doigts et des rides de ton nom.

De ce genre de moments, je crois, émerge une conviction, celle que la mort est la fin et le chemin. Il s’agit d’une mort gaie, pas de celle qu’on traîne comme un boulet à longueur de vie, sur des chemins nécessairement boueux et pénibles. Une mort gaie, parce qu’elle veut devenir créative. Celle qui vous conjure de pendre à la plus haute branche la futilité et d’embrasser amoureusement l’inutilité utile.